William Lilly et l’astrologie horaire
Londres, 1647 : le premier grand manuel d'astrologie écrit en anglais, et la méthode qui consiste à dresser une carte pour l'instant d'une question.
septembre 20, 2026
En 1647 paraît à Londres un gros volume intitulé Christian Astrology. C’est le premier manuel d’astrologie d’ampleur écrit en anglais plutôt qu’en latin, et il a fait plus que les traités savants pour la diffusion de la discipline dans le monde anglophone.
L’auteur
William Lilly (1602-1681) est un praticien, pas un universitaire. Il consulte, il publie un almanach annuel, il prend parti pendant la guerre civile anglaise. Son livre est écrit pour des gens qui veulent exercer : il explique comment dresser une carte, comment la juger, et quoi répondre. Il paraît une génération après la mort de Kepler, et les deux hommes n’ont presque rien en commun : l’un réforme l’outillage, l’autre forme des praticiens.
Ce qu’est l’astrologie horaire
Le principe tient en une phrase : au lieu de partir de la naissance, on dresse la carte de l’instant où une question est posée, et c’est cette carte qu’on interprète. Elle répond à des questions fermées — un objet perdu, l’issue d’un procès, le retour d’un navire — et non à un portrait de caractère.
La méthode s’appuie sur un petit nombre de règles, que Lilly expose dans l’ordre :
- désigner le significateur de celui qui demande et celui de la chose demandée ;
- regarder l’aspect qui se forme entre eux, et dans quel sens ;
- tenir compte de la réception, c’est-à-dire du rapport de chaque planète au signe où se trouve l’autre ;
- écarter la carte quand certaines configurations rendent le jugement douteux — ce sont les « considérations avant jugement ».
Le plan du livre
Trois parties : une introduction aux éléments de base ; la résolution des questions, de loin la plus longue ; et les nativités. C’est la partie centrale qui a fait sa réputation, parce qu’elle procède par cas réels, carte à l’appui, en donnant le résultat.
L’affaire de 1666
Lilly avait publié en 1651 un recueil d’emblèmes où figurait une ville en flammes. Après le grand incendie de Londres, en 1666, il est convoqué par une commission parlementaire qui veut savoir s’il en savait plus qu’il ne disait. Il s’en tire en expliquant sa méthode. L’épisode est documenté, et il donne une idée du statut qu’avait son métier à ce moment-là.
Sa postérité
Le livre disparaît des rayons au XVIIIe siècle, puis revient : des rééditions en fac-similé, à partir des années 1980, relancent l’astrologie horaire dans le monde anglophone, avec son vocabulaire d’origine. Les traductions françaises sont plus récentes et plus rares.
Faut-il l’heure exacte pour une question horaire ?
Oui, c’est la donnée principale : la carte est celle de l’instant où la question est reçue et comprise, et l’ascendant change de degré en quelques minutes. Les auteurs divergent sur ce qui fait foi — le moment où la question est posée, ou celui où l’astrologue la saisit.
L’anglais de 1647 est-il lisible ?
Il demande un peu d’habitude : orthographe flottante, abréviations, caractères anciens dans les fac-similés. Les éditions modernisées existent et se repèrent à leur typographie.
Lilly employait-il les mêmes maisons que nous ?
Il utilise le découpage de Regiomontanus, courant à son époque, et non celui qui s’est imposé par la suite dans les logiciels. Comparer ses exemples avec une carte recalculée aujourd’hui demande donc de régler le logiciel en conséquence.
D’autres pages d’ici La Tétrabible de Ptolémée · Firmicus Maternus et la Mathesis · Abû Ma’shar et la transmission arabe · Les dates et calendriers en astrologie.