Les noms des douze signes
Du sumérien au français en passant par l'akkadien, le grec et le latin : ce que les noms des douze signes voulaient dire avant d'arriver jusqu'à nous.
octobre 10, 2026
Image : Gary Todd, CC0
Les douze noms que nous employons ont traversé quatre langues avant d’arriver au français. Certains ont gardé leur sens d’origine, d’autres l’ont perdu en route, et deux ou trois désignent aujourd’hui autre chose que ce qu’ils désignaient au départ.
Le point de départ
Le découpage en douze secteurs égaux de trente degrés est mis en place en Mésopotamie, vers le Ve siècle avant notre ère. Il s’appuie sur des listes d’étoiles et de constellations plus anciennes, consignées sur des tablettes qui servaient de repère pour le calendrier. Les noms des secteurs reprennent ceux des constellations qui s’y trouvaient alors.
Ce que les noms disaient
Quelques exemples parmi les plus parlants :
- Le Capricorne traduit une figure mi-chèvre mi-poisson, attestée dans l’iconographie mésopotamienne bien avant le découpage du zodiaque. Le composé latin capricornus, « corne de chèvre », n’en garde que la moitié.
- Le Verseau rend une figure d’homme à l’urne, liée aux pluies de saison. Le latin aquarius désigne le porteur d’eau ; le français en a tiré un nom d’action.
- Le Cancer est le crabe, nommé tel quel dans les listes akkadiennes. Le mot latin a pris en médecine un autre sens, qui écrase aujourd’hui le premier.
- La Balance est le plus récent des douze : les sources anciennes y voyaient les pinces du Scorpion voisin, et la constellation n’a été détachée que tardivement.
- Les Poissons relèvent d’une figure double, deux poissons reliés par un lien, elle aussi attestée en Mésopotamie.
Le passage par le grec
Les astronomes grecs reprennent la liste et la traduisent. C’est à ce stade que les noms se fixent dans la forme qui nous est parvenue, et que certaines figures sont rattachées à des récits de la mythologie grecque — rattachements postérieurs aux noms eux-mêmes, et qui varient d’un auteur à l’autre.
Le latin et nous
Le latin traduit le grec, souvent mot à mot. Le français hérite du latin, parfois par le calque savant — Sagittaire, Capricorne —, parfois par une formation nouvelle — Verseau. Deux noms gardent une forme latine quasi intacte : Cancer et Virgo, ce dernier francisé en Vierge.
Pourquoi les constellations ne coïncident plus
Les signes sont des secteurs de trente degrés ; les constellations sont des figures d’étendue inégale, dont les contours ont été fixés par convention internationale en 1930. Les unes et les autres portent les mêmes noms sans occuper les mêmes portions de ciel, ce qui explique une bonne part des malentendus en circulation.
Ce qu’il faut en retirer pour lire
Quand un texte explique un signe par son animal, il explique une image, pas une doctrine. Les attributs que la tradition prête aux signes viennent d’ailleurs — du rapport au Soleil, à la saison, au maître planétaire —, et ils sont développés par les traités, non par le nom.
Y a-t-il un treizième signe ?
Il existe une treizième constellation traversée par le Soleil, le Serpentaire, reconnue comme telle dans le découpage astronomique de 1930. Elle n’entre pas dans le zodiaque astrologique, qui est un découpage en douze parts égales et non une liste de constellations.
Pourquoi les dates des signes varient-elles d’un jour selon les tables ?
Parce que l’entrée du Soleil dans un signe est un instant, pas un jour : elle tombe à une heure précise, qui change d’une année sur l’autre et dépend du fuseau. Une table qui donne des dates fixes arrondit.
Les noms sont-ils les mêmes dans toutes les langues ?
Les langues européennes suivent le latin et se ressemblent donc beaucoup. Ailleurs, les noms peuvent être traduits selon le sens d’origine, et la figure dessinée n’est pas toujours la même — le Capricorne en est le meilleur exemple.
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