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L'Astrologie expliquée Aspects, signes, maisons et textes

Textes et auteurs

Kepler astrologue

Il calculait des éphémérides, publiait des almanachs et critiquait la doctrine dont il vivait : ce que Kepler gardait de l'astrologie, et ce qu'il jetait.

septembre 24, 2026

Volvelle coloriée d'un traité d'astronomie du XVIe siècle

Image : Petrus Apianus, Astronomicum Caesareum (1540), CC0

Johannes Kepler (1571-1630) occupe une place inconfortable dans l’histoire de la discipline : il en vivait en partie, il en a réformé l’outillage, et il a écrit contre elle des pages très dures. Les trois choses sont vraies en même temps.

Le métier

Dès ses premières années d’enseignement, il publie chaque année un calendrier avec des prévisions — météo, récoltes, affaires publiques. C’était une obligation de sa charge autant qu’un complément de revenu, et il ne s’en cache pas. Plus tard, mathématicien impérial à Prague après Tycho Brahe, il rédige des thèmes pour des commanditaires, dont le plus connu est celui de Wallenstein.

Ce qu’il rejette

Sa critique porte sur trois points précis : les douze maisons, qu’il tient pour une construction arbitraire ; les dignités, dont il ne retrouve aucune justification ; et les règles d’interprétation accumulées par les traités, qu’il juge recopiées sans examen. Dans un ouvrage de 1601 sur les fondements plus sûrs de l’astrologie, il annonce déjà le programme : garder ce qui se mesure, écarter le reste.

Ce qu’il garde et développe

Les aspects, et il en ajoute. Son raisonnement est géométrique : si les configurations traditionnelles correspondent à des divisions du cercle par deux, trois, quatre et six, rien n’interdit d’examiner la division par cinq. Il introduit ainsi le quintile à soixante-douze degrés, le biquintile, le sesquicarré, et les rattache aux polygones réguliers. Le quatrième livre de son Harmonices mundi, en 1619, expose l’ensemble.

Le livre qui résume sa position

Le Tertius interveniens, paru en 1610, est un plaidoyer de circonstance : deux auteurs se disputaient, l’un défendant l’astrologie, l’autre voulant l’abolir, et Kepler s’interpose en tiers. Il y défend l’idée qu’en supprimant tout, on jetterait aussi ce qui tient debout. La formule a été reprise dans toutes les langues, souvent sans son contexte, qui est une querelle entre deux médecins allemands.

Ce qu’il a laissé à l’outillage

Ses tables, publiées en 1627, ont servi aux astronomes comme aux astrologues pendant plus d’un siècle, avec une précision sans équivalent jusque-là. C’est un point qu’on oublie en rangeant les deux pratiques dans des cases séparées : pendant longtemps, elles ont utilisé les mêmes chiffres, calculés par les mêmes personnes.

Lire Kepler sur ce sujet

Les textes astrologiques de Kepler sont dispersés et en latin ou en allemand ancien ; les anthologies françaises en donnent des extraits choisis, qui orientent fatalement la lecture. Quand un passage sert à démontrer quelque chose, je vérifie d’abord de quel ouvrage et de quelle année il vient.

Kepler a-t-il cru à l’astrologie ?

La question se pose mal, parce qu’il ne la traite pas comme un bloc : il rejette nommément des parties entières de la doctrine et en défend d’autres, en avançant chaque fois un argument. Ses écrits permettent de dire ce qu’il acceptait et ce qu’il refusait, pas de lui attribuer une position d’ensemble.

Qu’est-ce qu’un quintile ?

Un angle de soixante-douze degrés entre deux planètes, soit le cinquième du cercle. Il ne figure dans aucun traité antique : c’est un ajout de Kepler, repris ensuite par une partie des auteurs et ignoré par l’autre.

Ses prévisions tombaient-elles juste ?

Ses calendriers lui ont valu de la réputation après quelques coïncidences remarquées, notamment sur un hiver rigoureux et des troubles militaires. Il écrit lui-même ailleurs que ces réussites ne prouvent rien en elles-mêmes, et c’est la phrase que je retrouve le moins souvent citée.

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