Le compte des jours maya
Deux cent soixante jours, vingt noms, treize nombres : comment fonctionne le tzolkin, et d'où vient la date de 2012 qu'on lui a fait dire.
septembre 4, 2026
Image : Jakub Hałun, CC BY-SA 4.0
Le système calendaire maya repose sur plusieurs comptes qui tournent en parallèle. Le plus employé pour nommer les jours s’appelle aujourd’hui tzolk’in, et il ne ressemble à aucun calendrier européen.
Deux cent soixante jours
Le tzolk’in combine vingt noms de jours et treize nombres. Les deux avancent ensemble : 1 suivi du premier nom, 2 du deuxième, et ainsi de suite ; les nombres repartent à 1 au bout de treize, les noms au bout de vingt. La combinaison complète revient donc au bout de deux cent soixante jours. Le mécanisme est le même que celui du calendrier chinois, qui emboîte lui aussi deux séries de longueurs différentes ; la ressemblance est de structure, et rien n’indique un emprunt.
Ce nombre n’a pas d’équivalent astronomique simple. On lui a cherché des correspondances — durée de la gestation, intervalle entre deux passages du Soleil au zénith sous certaines latitudes, cycle de Vénus — et aucune ne fait l’unanimité chez les spécialistes.
L’année de trois cent soixante-cinq jours
En parallèle tourne le haab’ : dix-huit mois de vingt jours, plus une courte période de cinq jours en fin de compte. Comme il ne comporte pas de jour intercalaire, il dérive par rapport aux saisons.
Le tzolk’in et le haab’ se recoupent : une même combinaison des deux ne revient qu’au bout de dix-huit mille neuf cent quatre-vingts jours, soit cinquante-deux ans. C’est ce que la littérature appelle la roue calendaire.
Le compte long
Pour dater sur une longue durée, les inscriptions emploient un troisième système, qui empile des unités de jours, de vingtaines, de dix-huit vingtaines, et ainsi de suite. Une date du compte long s’écrit comme une série de nombres séparés par des points, et elle fixe un jour unique depuis une origine conventionnelle.
D’où venait la date de 2012
Faire correspondre ce compte à notre calendrier demande une corrélation, c’est-à-dire une équivalence établie entre une date maya et une date julienne. Celle qui fait consensus place la fin d’un cycle de treize grandes unités au 21 décembre 2012. C’est tout ce que disent les inscriptions : la fin d’un cycle de comptage, suivie du suivant. L’annonce d’une fin du monde n’a pas d’appui dans les textes mayas, et les spécialistes l’ont dit avant, pendant et après.
Un usage vivant
Le compte des jours n’est pas éteint : dans les hautes terres du Guatemala, des spécialistes rituels tiennent toujours le tzolk’in, nomment les jours et sont consultés à ce titre. C’est une continuité documentée, et elle distingue ce calendrier de la plupart des systèmes anciens dont on parle au passé.
Le tzolk’in donne-t-il un signe de naissance ?
La combinaison nombre-nom du jour de naissance sert effectivement de repère dans les pratiques actuelles des hautes terres. Elle ne s’appuie sur aucune position planétaire : c’est un jour nommé dans un cycle, pas un secteur du ciel.
Où lit-on ces calendriers ?
Dans les inscriptions sur pierre, pour les dates du compte long, et dans les quelques codex conservés, dont celui de Dresde, qui contient des tables de Vénus et d’éclipses.
Les Mayas observaient-ils les planètes ?
Oui, et les tables du codex de Dresde montrent un suivi précis des apparitions de Vénus. Cela établit l’observation ; ce que les scribes en tiraient relève de l’interprétation des textes, où les lectures divergent.
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